L’histoire du tensiomètre

Qui a inventé le tensiomètre ?

Les débuts du tensiomètre ont tout d’abord commencé par la découverte de la circulation sanguine du cœur par William Harvey en 1628. En effet, celui-ci affirme que le cœur est capable de transmettre une quantité de sang égale à 3 fois son poids du corps en une heure. Cette découverte surprenante a alors permis de s’intéresser davantage au système sanguin du corps humain.

C’est en 1733 que l’idée du tensiomètre s’est consolidée. L’inventeur britannique Stephen Hales a réalisé des expériences sur des animaux pour visualiser la pression artérielle et la capacité des différents vaisseaux sanguins. Pour mesurer la pression artérielle de différentes espèces d’animaux, Stephen Hales a insérer des tubes fins dans l’ artère d’un cheval et mesurait la hauteur à laquelle la colonne de sang s’élevait. En apercevant les variations distinctes, il établit une analyse disant que ces variations étaient liées aux pulsations cardiaques.

Le physicien français, Jean Léonard Marie Poiseuille a construit le premier appareil de mesure de la pression sanguine dans ses recherches sur « La force du cœur aortique » en améliorant l’expérience de Stephen Hales en 1828. L’appareil hémo-dynamomètre est un manomètre à mercure relié à une artère qui a permit d’étudier les changements de la pression sanguine lors de différentes phases de respiration de même que le volume subie par l’artère sous l’effet des battements du cœur. Il est l’un des plus anciens tensiomètres (la pression artérielle est encore donnée en dixièmes de millimètre de mercure).

L’évolution du tensiomètre au fil du temps

En 1850, le médecin allemand Karl Von Vierordt a inventé un mécanisme composé de poids et de leviers utilisés pour estimer la pression artérielle et est considéré comme un précurseur de tensiomètre moderne appelé sphygmographe. Cet instrument mécanique est doté d’un manchon gonflable placé autour du bras, relié directement à un manomètre qui permet d’enregistrer les battements artériels sur papier noirci grâce à la compression de l’artère effectuée par le manchon. Cet instrument de mesure était à l’époque peu fiable, mais proposait une mesure non-invasive de la tension sanguine.

Modèle de Karl Von Vierordt

Ensuite, en 1860 le français Etienne-Jules Marey en s’inspirant des travaux de Karl Von Vierordt, met au point un sphygmographe beaucoup plus petit qui pouvait être transportable. Celui-ci devait être placé au-dessus de l’artère radiale grâce à un bracelet enroulé sur l’avant-bras, l’enregistrement se fait alors sur une bande de papier. Cet instrument a été le premier appareil de mesure portatif.

Modèle de Jules Marey

Après l’avancé qu’a effectué Etienne-Jules Marey, plusieurs appareils se sont par la suite développés dans le but de faciliter son utilisation comme l’a entrepris le physicien autrichien Samuel Siegfried Karl Von Basch en 1880. Il invente un appareil appelé sphygmomanomètre pour permettre de lire plus facilement les résultats et utilisait la force compressive d’un réservoir en caoutchouc rempli d’eau relié à un manomètre à mercure. Son invention est ensuite optimisée par le professeur français Pierre Carl Edouard Potain qui cherchait à simplifier les travaux de Samuel Siegfried, pour cela, il décide de renforcer la sécurité en remplaçant l’eau par l’air pour un usage quotidien par les médecins.

 

En s’appuyant sur les précédentes inventions faites au cours du 19ème siècle, le médecin italien Scipione Riva Rocci cherchait à simplifier encore plus la mesure de la pression artérielle et créa le premier sphygmomanomètre à mercure en 1896. Ce sphygmomanomètre à mercure se compose d’un encrier, du mercure, une chambre à air de vélo et un tube de cuivre. En effet, la méthode Riva Rocci est révolutionnaire, grâce à l’utilisation d’un brassard qui se mettait autour du bras.

Le brassard circulaire comprimait alors l’artère brachiale et formait ensuite une poche d’air qui se gonflait à l’aide d’une poire.

Cependant, le tensiomètre brachial à l’époque mesurait seulement la pression systolique qui se caractérise comme la pression mesurée pendant la contraction du cœur. La pression diastolique qui est la mesure pendant le relâchement du cœur quant à elle, n’était pas prise en compte. C’est le début du tensiomètre avec brassard, mais la mesure n’est pas encire précise.

 

Le tensiomètre a été amélioré en 1905 par le russe Nikolaï Korotkoff. Ce dernier a ajouté l’utilisation d’un stéthoscope pour compléter les mesures sur l’artère brachiale, afin d’entendre des bruits beaucoup plus précis. Pour la première fois, il a été possible de détecter les signes d’hypertensions artérielles chez un patient. De plus, ce nouveau tensiomètre mesure la pression systolique et diastolique, ce qui n’était pas possible auparavant. Les bruits qu’on entend lorsqu’on mesure la pression artérielle portent dorénavant le nom de « bruits de Korotkoff ». La méthode de ce célèbre médecin russe est toujours appliquée sur les tensiomètres manopoires actuels.

 

Le français Emile Spengler, industriel reconnu et passionné de médecine et deux autres cardiologues français (Henri Vaquez et Charles Laubry) s’associent pour créer un appareil de tension artérielle. C’est en 1907 à Paris, qu’ils parviennent à mettre au point le tensiomètre et à révolutionner le diagnostic médical le hissant dans une nouvelle ère et à un niveau de précision indédit.  Spengler a été l’inventeur du tensiomètre mano-brassard du nom Vaquez-Laubry.

Charles Laubry prenant la tension d’Emile Spengler

En 1910, le français Victor Pachon propose également une nouvelle version d’appareil de mesure de la tension. Son tensiomètre possède un oscillateur, et n’a pas besoin de stéthoscope.  Cependant, le tensiomètre de référence reste l’appareil de Vaquez et Laubry. C’est en 1950 qu’apparaît le premier tensiomètre artériel manuel Spengler.

Le tensiomètre d’aujourd’hui

En dépit des découvertes médicales précédentes, l’utilité de la mesure de la tension dans le diagnostic médical a été pleinement reconnue qu’à partir des années 1950. À partir de là, le tensiomètre est devenu un appareil médical indispensable. Aujourd’hui encore, cet appareil reste la référence de la mesure de la pression artérielle. Cet instrument n’est plus seulement destiné aux professionnels de la santé. Avec l’arrivé des nouvelles technologies et le besoin humain d’être indépendant, l’innovation des tensiomètres digitaux permet à présent de mesure la pression artérielle, la fréquence des pulsations cardiaques et le taux d’oxygène dans les artères n’importe où et à tout moment.

Les tensiomètres ont ensuite énormément évolués. La marque japonaise Panasonic a lancé son premier tensiomètre électronique d’auto-mesure au poignet en 1993. Il s’appuie sur la méthode oscillatoire de Victor Pachon abandonnée en raison de son manque de précision. La méthode apparaît beaucoup plus efficace dans la version électronique.

Les  tensiomètres nouvelles générations ont permis le développement de la prise de tension à domicile et permettent un meilleur suivi des patients, notamment pour les patients souffrants d’hypertension. Ces tensiomètres automatiques gonflent automatiquement le brassard  et s’utilisent sans stéthoscope, grâce à leurs capteurs intégrés. 

Le tensiomètre OMRON M3

Depuis 2012, de nouvelles innovations émergent en connectant son tensiomètre nouvelle génération avec son smartphone pour transmettre ces données et ainsi vérifier sa tension artérielle sur une longue période. Maintenant, des accessoires pour tensiomètres sont disponibles pour le bon fonctionnements de l’appareil.

Tensiomètre au bras OMRON EVOLV connecté

 

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Vous n’avez plus qu’à choisir le tensiomètre qui vous convient !

 

 

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Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter ces articles :

https://www.linkedin.com/pulse/lextraordinaire-aventure-de-linvention-du-tensiom%C3%A8tre-uwe-diegel

https://www.spengler.fr/fr/content/8-histoire

https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-leonard-marie-poiseuille/#i_0

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Korotkov

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tensiom%C3%A8tre

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