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Tensiomètre


Tensiomètre - Définition et historique


Définition


Le tensiomètre, est un appareil médical qui permet de mesurer la pression artérielle. A chaque contraction du coeur, le sang est chassé des cavités cardiaques et propulsé dans les artères. Le flux sanguin exerce une pression sur les parois artérielles. Cette pression liée à la contraction du cœur est nommée pression artérielle systolique. Elle correspond au chiffre le plus élevé mesuré par un tensiomètre.

Au cours d’une seconde phase, le coeur se relâche et se remplit à nouveau. La pression exercée par le sang sur les parois des artères devient plus basse. Ce chiffre plus faible est appelé pression artérielle diastolique.

Historique


C’est à William HARVEY que revient la découverte de la circulation sanguine. Il l’a rendue publique en 1628 dans son livre « Exercitatio Anatomica de Motu Cordis et Sanguinis in Animalibus ». Mais c’est l’ecclésiastique anglais Stephan HALES qui mesure pour la première fois en 1726, la pression artérielle grâce à une canule placée dans l’artère crurale d’une jument. Cette méthode invasive montre les variations de la pression sanguine dans les artères.
En 1860, le physiologiste français Etienne Jules MAREY (1830-1904) invente les dispositifs de laboratoire permettant l’étude des variations de pression à l’intérieur de l’appareil circulatoire.En 1880, le professeur viennois Siegfried RITTER von BASCH (1837-1905) imagine le premier sphygmomanomètre qui permet de mesurer, en externe, la pression sanguine au poignet. Contrairement aux dispositifs d’Etienne Jules MAREY, cet appareil a l’avantage d’être utilisable quotidiennement par le médecin.
En 1889, le professeur Pierre Carl Edouard POTAIN, améliore le sphygmomanomètre de Siegfried von BASCH. Il substitue de l’air au liquide qui transmettait la pression artérielle. L’appareil devient ainsi plus maniable pour mesurer la pression artérielle après l’arrêt de la circulation sanguine exercée par une contre pression et cela permet d’enregistrer les contractions cardiaques, artérielles et le pouls veineux.
Sscipione RIVA-ROCCI (1863-1939), pédiatre italien, met au point en 1896 le premier sphygmomanomètre à brassard pneumatique. Ce brassard pneumatique, inventé par DUNLOP, est relié à une colonne contenant du mercure et à une poire en caoutchouc mettant en pression le brassard. Mais la largeur du brassard (5 cm) est trop réduite et ne permet pas d’obtenir une mesure correcte. Ce dispositif sera amélioré plus tard par le neurochirurgien Harvey CUSHING.

Tensiomètre – Intérêts et modalités d’utilisation


Intérêts du contrôle de la tension


Avec près de 180 000 décès par an, les maladies cardiovasculaires (au nombre desquelles l'hypertension artérielle figure en bonne place) représentent la première cause de mortalité en France (34%). Les décès causés par les cancers et les accidents de la route, arrivent loin derrière. L'hypertension artérielle contraint le coeur à une surcharge de travail, le fatigue prématurément et risque de provoquer sa défaillance.
L’excès de tension favorise également le dépôt de graisses sur et dans la paroi des artères (athérosclérose), notamment des coronaires, pouvant entraîner angine de poitrine et/ou infarctus du myocarde. Le même phénomène peut atteindre les artères des jambes : c'est l'artérite des membres inférieurs. L'obstruction des artères rénales par athérosclérose entraîne la destruction progressive des reins et - à terme - l'élévation de l'urée sanguine : c'est l'insuffisance rénale. L'obstruction des artères irriguant le cerveau provoque la destruction progressive des cellules nerveuses du cerveau. Dans ce cas aussi, les conséquences sont très graves : paralysie, perte de la parole, baisse intellectuelle, démence, éventuellement la mort.
Grâce aux efforts de la Fédération Française de Cardiologie, le grand public commence à prendre conscience des risques liés à l'hypertension et de la nécessité de surveiller sa tension. Cette surveillance est généralement effectuée par un médecin, mais il est également possible de mesurer soi-même sa pression artérielle avec des appareils automatiques ou semi-automatiques : c'est l'auto mesure de la pression artérielle. Le tensiomètre s’avère être un appareil médical de prévention particulièrement utile.

Les modalités de l’auto mesure


Dans certains cas, l'auto mesure de la pression artérielle peut constituer une aide appréciable pour le médecin. Cette solution peut être utilisée, soit pour le diagnostic d'une hypertension artérielle, soit en cas de suspicion d'une grande variabilité de tension. C’est aussi vrai pour l'évaluation et la surveillance d'un traitement anti-hypertenseur. En outre, l’auto mesure permet généralement au patient de mieux comprendre sa maladie et augmente son adhésion au traitement. Cependant l’auto mesure doit être pratiquée en accord avec le médecin et en aucun cas se substituer à lui. Ce ne doit pas devenir une auto médication improvisée.

Il faut bien entendu utiliser un appareil validé, simple d'emploi et adapté à la morphologie du patient. La mesure de la tension se fait en position assise ou allongée, après cinq minutes de repos, bras décontracté reposant sur une table. Le Brassard doit être mis à même la peau. La transcription des chiffres doit toujours être inscrite sur un carnet de suivi. La fréquence des mesures dépend des prescriptions médicales. Trois mesures successives à quelques minutes d'intervalle lors de chaque séance, permettent de fiabiliser l’évaluation.

Tensiomètre - Les différents types


Le tensiomètre à colonne mercure


Le tensiomètre à colonne mercure est utilisé par tous les professionnels de la santé. Il est constitué d’une colonne à mercure et d’une poire reliée à un brassard. Cet appareil est basée sur la méthode auscultatoire de KOROTKOW et donc nécessite un stéthoscope. C’est la technique la plus ancienne. L’unité de la pression artérielle est le millimètre de mercure. C’est jusqu’à maintenant la méthode de référence de mesure de la pression artérielle. Les résultats obtenus sont très fiables, mais l’utilisation du mercure sera prochainement interdite au sein de la communauté européenne. Les laboratoires s’activent pour trouver des solutions de remplacement.

Le tensiomètre manuel


Le tensiomètre manuel est constitué d’un ensemble d’éléments. Il est composé d'un brassard gonflable, d'un manomètre, d'un tube qui les relie, et d'une poire pour augmenter la pression dans le manchon. Cette poire est reliée au manchon par un tube. La poire est équipée d'une soupape permettant de contrôler la pression et la réduire progressivement pour réaliser la mesure. Le tensiomètre manuel utilisé conjointement avec un stéthoscope, permet à l'examinateur de déceler la reprise des battements cardiaques dans l'artère du bras. En lisant à cet instant la valeur indiquée par le manomètre, on peut noter la mesure de la pression artérielle maximale. Lorsque la pression du brassard devient inférieure à la pression diastolique, les battements deviennent imperceptibles dans le stéthoscope, et la valeur fournie par le manomètre correspond à la pression artérielle minimale. Le brassard constitue un élément essentiel pour la prise de la pression artérielle. Elle doit donc être de bonne qualité et adaptée à la circonférence du bras. C’est la raison pour laquelle, il existe différentes tailles de brassards.
On utilise de plus en plus des appareils automatiques, disposant d’un brassard se gonflant automatiquement. L'utilisation de capteurs intégrés, dispense du stéthoscope. Il existe aussi la méthode dite photopléthysmographique. Cette technique consiste à recueillir la pression artérielle au niveau des artères des doigts. Dans ce cas, un petit coussinet remplace le brassard.

Le tensiomètre électronique


La prise de tension avec les tensiomètres électroniques repose sur la méthode oscillométrique. Cette méthode moderne fait appel à l'analyse des oscillations de la paroi artérielle. Quand la pression du brassard est supérieure à la pression artérielle systolique, de petites oscillations dues au choc de la pulsion des artères comprimées sont captées. Lors du dégonflage du brassard, la diminution contrôlée de la pression dans le brassard fait augmenter, puis diminuer l'amplitude de ces oscillations. La pression artérielle systolique correspond au début de l'augmentation de l'amplitude de ces oscillations, la pression diastolique correspond, elle, à la fin de la baisse de l'amplitude de ces oscillations.

La validation des appareils


Plusieurs organismes veillent à ce que les outils d’auto mesure tels que les tensiomètres électroniques respectent strictement les règles sanitaires nationales et européennes. Les principaux contrôles tiennent à la fiabilité des appareils, pour que les diagnostics ne soient pas faussés. L’AFSSAPS ou Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, créée en 1999, est notamment chargée de veiller à protéger l’homme des produits qui lui sont destinés.
En 2001, un contrôle de l’ensemble du marché des auto tensiomètres a été mis en place. La liste des produits conformes aux normes cliniques de pression artérielle a ensuite été publiée sur le site Internet de l’agence. Le contrôle a cessé en 2005, après constatation que les outils de diagnostic ne présentaient pas de différence de mesure significative avec les appareils référents. Depuis 2005, c’est au fabricant qu’il revient de remplir un formulaire de demande de validation de son produit. Cette validation ne devient effective qu’après vérification par l’AFSSAPS que la mesure de la pression artérielle est identique à celle des appareils conformes déjà en vente. La démarche du fabricant n’étant pas obligatoire, tout utilisateur doit s’assurer que le matériel utilisé a bien été validé par l’AFSSAPS.